La région du café

C’est après un bus de nuit (dans lesquels il est toujours aussi compliqué de dormir hein…) que j’arrive à Salento. Heureusement, je pose mon sac dans l’auberge Tralala, petit oasis de tranquillité avec une équipe adorable. Me voici arrivée dans la région du café, que j’attendais tant ! Tour à pied pour découvrir les paysages et les fincas (fermes) de café et prendre mon premier espresso 🙂

Salento est devenu très (trop!) touristique mais malgré ça, cela reste un pueblito colombien très coloré et super mignon.

Salento est aussi surtout connu pour sa vallée de Cocora pas très loin avec ses immenses palmiers de cire de plus de 60m. Journée fantastique de rando avec Berith & Marco, hollandais rencontrés dans le bus, et Cristian, largué avec nous par ses parents qui ne voulaient pas faire la boucle complète. Réserve Acaime où les colibris sont justes incroyablement peu peureux ! Pas pu sélectionné plus donc il y a quelques photos…

On découvre les célèbres palmiers dans une ambiance brumeuse, mystique. Et retour en Willy (nom des Jeep), debout, à l’arrière, les cheveux au vent !

Pour finir la journée à la mode colombienne, c’est parti pour une petite partie de Tejo, espèce de pétanque explosive, avec les Hollandais et Sebastian. Les petits triangles en papier explosent lorsque le palet s’écrasent dessus. Comique !

Je ne reste pas plus à Salento et je prends une Jeep pour Filandia, où je rencontre 2 Frenchy, Virgile & Chloé, qui ont aussi fait leur prépa à la Martin à Lyon, le monde est petit ! Filandia, c’est un vrai coup de coeur, beaucoup moins touristique et plus authentique que sa voisine. La conviviale AJ Bidea y fait beaucoup avec son dortoir avec balcon vue sur l’église et sur les montagnes. J’y rencontre son équipe d’Argentine, Luciana & Tommy, et une Suisse, Flore, tous trop gentils.

Tour à la finca Divisa avec le super énergétique Javier. Il faut le suivre hé ! C’est dingue ! Sa finca est un beau projet de biodiversité, durable. Il connaît ses dizaines d’héliconia (famille des oiseaux de paradis) sur le bout des doigts et cultive son café de manière bio. On cueille quelques « cerises » jaunes ou rouges de café murs. On mange ensuite à la Espagnola, chez un prêtre, réputé pour être le meilleur dèj de Colombie. Et ce n’est pas une légende… Qu’est ce que ça fait du bien un repas comme ça ! Déjà, vu la taille des poulets courant dans la cour, on peut facilement s’imaginer que ça va être un délice. Je finis la plupart des plats (oups!) tout en gardant une petite place pour le bon fromage de chèvre (enfiiiiiiiiiin!). Je rencontre 2 Frenchy d’Annecy, Lucie & Rémi et un couple germano-colombien, Sofia & Nicolas avec qui on ira boire de délicieux coktails et manger des tapas au resto Helena Adentro, oooooh que c’est bon ! Après un mois et demi de nourriture colombienne, ça fait du bien.

Je passe une journée à déambuler dans les rues de Filandia, à prendre des photos de toutes ces magnifiques maisons colorées, à recraquer pour des tartines d’aubergines/oignons confits/fromage frais à Helena Adentro avec une lulada, boisson à base de lulo et de citron vert.

Et le soir, je n’ai pas de photo pour vous donner un visuel et pour cause… pièce de théâtre à l’aveugle, par les Argentins de la compagnie Empacho, teatro a ciegos. 1h, les yeux bandés, à vivre une expérience surprenante…en faisant partie du spectacle avec mon ouïe, mon odorat, mon toucher et mon goût qui travaillent 2 fois plus. Thématique sur l’homosexualité. Je ressors complètement subjuguée par les sensations de cette heure de théâtre pas comme les autres. Je vous conseille de tester en France, ailleurs. Tout comme l’IVT (International Visual Theatre) à Paris qui fait des pièces bilingues français-LSF (langue des signes).

Départ de la belle Filandia pour rejoindre un autre de mes gros gros coups de coeurs : l’Hacienda Venecia. Pas loin de Manizales, cette magnifique exploitation de café, dans un paysage de rêve, va être le lieu de MON expérience café, de par les gens, le cadre, enfin tout !
Tout commence par Giovanni, qui vient me chercher au bord de la route dans sa jeep antique. Il rigole lorsque je lui dis que je ne vais rester qu’une nuit… « non tu vas rester plus, j’en suis sûr ». A peine arrivée à la réception, je rencontre le patron des lieux, Juan Pablo, et une française, Wladia, en volontariat pour développer le côté backpackers et elle aussi en voyage en Amérique latine. On va former un bon duo toutes les deux ! Giovanni m’emmène à l’hostal, plus loin que les 2 magnifiques maisons où les chambres sont superbes mais pas dans mon budget. L’auberge est juste top ! Une vue splendide, tout est ultra bien pensé avec même un mini market. Le tout est géré par Monica, une véritable maman pour tous, qui habite là avec sa fille Natali.

C’est en plein milieu des plantations de café, et donc c’est juste génial de se balader ici. Je visite les différentes maisons, la Casa Principal et la Casa de los Huespedes, de vrais joyaux. Les paons se baladent dans le jardin, les couleurs sont magnifiques et la piscine est plus qu’appréciée.

Soirée autour du feu à faire griller des marshmallows et à observer les étoiles en révisant ce que j’avais appris au Désert de Tatacoa. Je dors comme un bébé et je me réveille avec ce paysages magnifique. Tour de café pour comprendre tout de la graine du caféier au café torréfié. C’est Pedro (spéciale cassdédi à Chloé!!!), sommelier de profession, qui nous fait un tour ultra intéressant. Je vais essayer de résumer quelques notions :
Historiquement, le café vient d’Ethiopie. Des chèvres auraient été plus excitées que d’habitude et leur berger compris que c’était à cause de ces baies. Au début, le café se consommait comme une infusion de ces baies.
Aujourd’hui 1er producteur : Brésil, 2e : Vietnam et 3e : Colombie. Le café arrive en Colombie via les espagnols au 18e siècle. En Colombie, c’est l’arabica qui pousse en plus grande partie, et en altitude. Comme sur la photo ci-dessous, la graine grandit, grandit …. Et donne les premiers grains de café 2 ans plus tard. A l’Hacienda Venecia, il y a fleurs et donc fruits tous les 20 jours mais 2 cueillettes (à la main!) principales sont organisées : en Avril/Mai et la plus grosse en Octobre.
Pour une hacienda produisant 300 tonnes de café, le procédé de transformation est industriel. J’adore visiter cette unité de production du café 🙂 Tri entre les graines qui flottent (café de 2nd catégorie car il s’est fait manger par une bruca) et celles qui coulent (1st catégorie, exportée). La première peau puis la deuxième sont enlevées en même temps que les graines sont lavées. Puis les graines passent au four pour être séchées et la toute dernière peau est enlevée. Il en résulte les grains verts, prêts pour l’exportation en sac de 70 kg.
C’est ce qu’on appelle le « café lavado », qui est majoritairement consommé. Il existe des cafés spéciaux comme le « honey coffee » qui n’est pas lavé et qui est séché à l’air avec sa peau sucrée.

Je craque pour l’expérience barista de café, « l’œnologie » du café. GENIAL !

Pedro et Mariana, cousins de Juan Pablo, font aussi l’expérience avec Wladia et moi. On attend Ruben pour nous faire le tour donc on en profite pour torréfier du peaberry (taille de grain particulière) avec 2 temps différents: torréfaction basse et torréfaction haute (plus longue) avec une couleur plus foncé et des arômes plus forts. Au cours de la torréfaction, le grain de café change de couleurs : vert –>marron clair –> marron foncé. On entend un 1er crack comme du pop corn puis le 2e. La torréfaction est un art… tellement de paramètres rentrent en jeu : temps, température, humidité du grain. Et tu te dis que tous ces paramètres influent sur les arômes de ta tasse à la fin ! Fascinant !
Ruben arrive et c’est parti. Nous commençons par le jeu des odeurs, avec Le nez du Café de Jean Lenoir : concombre, jasmin, caramel, vanille, amandes grillées… toutes ces odeurs peuvent se retrouver dans les arômes du café. Puis après avoir éduqué un minimum notre odorat, au tour de notre goût. Et on fait passer les échantillons torréfiés. On sent, on goûte. Enfin, on s’amuse avec les différentes manières de faire un café : presse, à l’italienne, espresso, au siphon. Je ne boirai plus jamais une tasse de café de la même façon !

Vous l’aurez compris, Giovanni avait bien raison : de une nuit, j’y suis restée trois ! Et j’aurais pu y rester bien plus. On va faire toutes les bibliothèques de la Casa Principal avec Pedro pour trouver tous les livres en relation avec le café et les mettre au même endroit pour les visites. Et bingo, je tombe sur un livre sur la chimie du café ! C’est là que je me rend compte que je n’ai pas fait de vraie chimie depuis bien trop longtemps… Pas grave, ça me fait plaisir de mettre des molécules et réactions sur des process et arômes. Dernier soir : pizza, on cuisine en bon binôme avec Wladia pour la dernière fois.

Une dernière photo avec Monica, Natali et Wladia et je quitte ce petit oasis de bonheur.

3 Replies to “La région du café”

  1. Comme pour toi tes récits sont des condensés de couleurs et de bonheur ??
    C’est un feu d’artifice tes photos .Ton voyage est un enchantement ?
    Merci pour tt ça sois prudente et « ………..Continue ??☀️ Clo

    1. Oh ça oui, je vais continuer ! A prendre en photos et à partager tous ces instants de vie ici 🙂 Gros bisous ma Clo !

  2. T’étais dans ton domaine de la chimie , t’as du bien kiffer ! cette expérience de confectionner du café .

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